Les souvenirs, tout le monde en a, des récents, des vieux, des mauvais, des drôles, des bizarres… Mais ce qui est étonnant, c’est la façon dont ils se rappellent à nous.
Par exemple, je me rappelle d’un petit village, accroché à la colline, où tous les habitants se retrouvaient le soir sur la place ombragée par de magnifiques platanes centenaires. Il y avait notamment trois papis, qui prenaient place inexorablement sur le même banc, à 18h30. Ils alternaient des moments de silence, à regarder la vie autour d’eux, et des moments de causerie, ponctués de « hé oui… ». En les écoutant parler, un soir, sans bouger, j’ai dansé dans leur bal des souvenirs.
Tout en racontant son souvenir, Laure Chailloux raconte des souvenirs de village, des paysages oniriques, des portraits pittoresques, des situations collectives, avec humour et poésie.
La thématique du souvenir n’est pas prise ici sous l’angle de la nostalgie, mais plutôt de la richesse immatérielle des souvenirs communs. Ceux qui font l’histoire d’une famille, d’un village, qui nous rassemblent (ou nous divisent) dans une mémoire collective faite de petites choses, d’anecdotes. Des souvenirs simples qui permettent de partager des expériences, des idées, une vision du monde.
Peu à peu, ces anecdotes résonnent comme des souvenirs communs avec le spectateur dont l’imaginaire est éveillé par l’approche évocatrice et narrative de la musique. Car Le bal des souvenirs, c’est la musique qui le raconte le mieux !